Bilan de l’opération spéciale : quatre ans de guerre en Ukraine

par Eric Hightower

Kyiv

I. 24 février 2022 : le choc initial

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Le 24 février 2022, la Russie lance une invasion à grande échelle de l’Ukraine. Le Kremlin parle d’« opération militaire spéciale ». Le terme vise à encadrer juridiquement et symboliquement l’intervention, en la présentant comme limitée. Pourtant, dès les premières heures, l’ampleur de l’attaque ne laisse aucun doute sur la nature du conflit.

Les forces russes avancent simultanément depuis le nord, l’est et le sud. L’objectif apparent semble être la prise rapide de Kyiv et la décapitation du pouvoir ukrainien. Les colonnes blindées convergent vers la capitale, tandis que des frappes de missiles ciblent des infrastructures militaires et stratégiques.

Le président russe, Vladimir Poutine, justifie l’opération par la nécessité de « démilitariser » et « dénazifier » l’Ukraine. Il évoque également la protection des populations russophones du Donbass. En face, le président ukrainien, Volodymyr Zelenskyy, refuse de quitter la capitale et devient immédiatement le symbole de la résistance nationale.

La première phase du conflit est marquée par une tentative de blitzkrieg. Moscou semble parier sur un effondrement rapide des institutions ukrainiennes. Or, cette hypothèse se révèle erronée.

II. L’échec de la prise de Kyiv et le premier basculement stratégique

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Dès mars 2022, la progression russe vers Kyiv s’enlise. Les longues colonnes logistiques sont exposées. Les forces ukrainiennes, mieux organisées que prévu, harcèlent les convois et exploitent la faiblesse des lignes d’approvisionnement.

La bataille de Kyiv devient un moment fondateur. Non seulement la capitale résiste, mais les forces russes doivent finalement se retirer du nord du pays au début du mois d’avril 2022. Ce retrait marque le premier revers majeur pour Moscou.

Ce basculement change la perception internationale du conflit. L’Ukraine n’est plus considérée comme un État voué à la chute. Elle apparaît désormais comme un acteur capable de résister à une grande puissance militaire.

Cependant, la guerre ne s’arrête pas. Elle se transforme.

III. La guerre du Donbass : l’entrée dans l’attrition

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À partir du printemps 2022, l’effort russe se concentre sur l’est. Le Donbass devient l’épicentre des combats. L’objectif est clair : consolider le contrôle des régions de Donetsk et Louhansk, déjà partiellement occupées depuis 2014.

Les batailles de Severodonetsk et Lysychansk illustrent l’intensité des affrontements. L’artillerie domine le champ de bataille. Les pertes humaines sont considérables des deux côtés.

La guerre change de nature. Elle devient une guerre d’attrition. Les gains territoriaux sont mesurés en kilomètres. Chaque ville détruite représente un coût humain et matériel élevé.

Par conséquent, la Russie adopte une stratégie d’usure. Elle mobilise davantage de ressources. En septembre 2022, Moscou annonce une mobilisation partielle. Ce choix marque une reconnaissance implicite de la durée du conflit.

IV. La contre-offensive ukrainienne : Kharkiv et Kherson

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À l’automne 2022, l’Ukraine surprend. Une contre-offensive éclair dans la région de Kharkiv permet la reprise de milliers de kilomètres carrés en quelques jours. Les lignes russes s’effondrent localement.

Peu après, Kherson, seule capitale régionale capturée par la Russie depuis février, est abandonnée par les forces russes. Le retrait se fait de l’autre côté du Dniepr.

Ces succès redonnent un élan politique et militaire à Kyiv. Ils prouvent que l’armée ukrainienne peut non seulement défendre, mais reconquérir.

Néanmoins, ces avancées ne se traduisent pas par un effondrement global du dispositif russe. Moscou stabilise le front. La ligne de contact se fige progressivement.

V. 2023–2024 : stabilisation et guerre de positions

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En 2023, la guerre entre dans une phase plus statique. Les tranchées, les fortifications et les champs de mines redessinent le front. Les offensives deviennent coûteuses et limitées.

L’Ukraine lance une nouvelle contre-offensive dans le sud. Les progrès sont réels, mais plus lents qu’espéré. Les lignes défensives russes, profondément aménagées, réduisent la mobilité.

De son côté, la Russie poursuit des attaques locales. Elle mise sur la masse, l’artillerie et l’avantage numérique dans certaines zones.

Ainsi, la guerre s’installe dans la durée. Le conflit devient une épreuve d’endurance industrielle, logistique et morale.

VI. Le rôle central de l’aide occidentale

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Dès 2022, les États-Unis et l’Europe apportent un soutien massif à l’Ukraine. L’aide militaire inclut des systèmes d’artillerie, des missiles antichars, des systèmes antiaériens, puis des chars et des avions.

L’Union européenne adopte des paquets successifs de sanctions contre la Russie. Les exportations énergétiques russes vers l’Europe diminuent. Les flux de gaz sont redirigés.

Les États-Unis, sous différentes administrations, demeurent le principal soutien militaire. Toutefois, la dynamique politique américaine évolue.

En 2025, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche modifie le ton. Il plaide pour une négociation rapide. Il affirme vouloir mettre fin au conflit. Cependant, il ne reconnaît pas formellement les annexions russes.

Ce changement introduit une incertitude stratégique. L’Ukraine dépend en grande partie de l’aide occidentale. Toute variation du soutien américain a un impact direct.

VII. L’Europe face à la guerre : unité et fractures

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La guerre agit comme un révélateur pour l’Europe. L’OTAN se renforce. La Finlande et la Suède demandent l’adhésion. Les budgets militaires augmentent.

Cependant, des divergences subsistent entre États membres. Certains pays plaident pour un soutien sans limite. D’autres appellent à une solution diplomatique.

L’Allemagne revoit sa doctrine de défense. La France insiste sur l’autonomie stratégique européenne tout en soutenant Kyiv. Les pays baltes adoptent une ligne dure.

Ainsi, la guerre reconfigure l’architecture de sécurité du continent.

VIII. La Russie : consolidation autoritaire et adaptation

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En Russie, la guerre entraîne un resserrement du pouvoir. Les lois sur la « désinformation » se multiplient. Les opposants sont marginalisés ou poursuivis.

L’économie s’adapte aux sanctions. Les exportations d’énergie se redirigent vers l’Asie. Les liens avec la Chine se renforcent.

La Russie développe une économie de guerre. L’industrie militaire tourne à plein régime. Le pays s’appuie sur des partenaires extérieurs pour certains équipements.

Pourtant, le coût humain est élevé. Les pertes cumulées sont importantes. Le recrutement devient un enjeu central.

IX. L’Ukraine : résilience nationale et transformation

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L’Ukraine connaît une transformation profonde. L’identité nationale se consolide. La société civile joue un rôle crucial.

Cependant, les destructions sont massives. Les infrastructures énergétiques sont régulièrement ciblées. Des millions de personnes ont été déplacées.

Kyiv poursuit des réformes pour se rapprocher des standards européens. L’adhésion future à l’Union européenne devient un horizon stratégique.

Ainsi, malgré la guerre, l’Ukraine évolue institutionnellement.

X. Le rôle des « Amis de l’Ukraine »

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Plusieurs coalitions se forment. Des groupes de contact coordonnent l’aide militaire. Les « Amis de l’Ukraine » regroupent des États européens, nord-américains et asiatiques.

Ces coalitions illustrent une solidarité politique. Elles permettent une coordination logistique. Toutefois, elles dépendent des cycles politiques nationaux.

Le soutien n’est pas automatique. Il doit être renouvelé.

XI. Le rapport de force global en 2026

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Quatre ans après le début de l’opération spéciale, la Russie contrôle environ un cinquième du territoire ukrainien. Cependant, elle n’a pas atteint son objectif initial de changement de régime.

L’Ukraine a résisté. Elle a repris des territoires. Elle a évité l’effondrement.

Le conflit reste indécis. Aucun des deux camps n’a obtenu une victoire décisive.

La guerre est devenue structurelle.

XII. L’impact mondial

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Le conflit a un impact mondial. Les prix de l’énergie ont fluctué fortement. Les marchés céréaliers ont été perturbés.

Les Nations unies appelle régulièrement à un cessez-le-feu. Les votes à l’Assemblée générale condamnent l’invasion.

La guerre influence les équilibres géopolitiques. Elle renforce certains blocs. Elle fragilise l’ordre international existant.

XIII. Contexte

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La guerre en Ukraine s’inscrit dans une dynamique plus large, débutée en 2014 avec l’annexion de la Crimée et le conflit dans le Donbass. Les tensions entre Moscou et l’Occident étaient déjà fortes.

L’élargissement de l’OTAN, la question des sphères d’influence et l’identité stratégique de l’Ukraine ont alimenté les crispations.

Ainsi, 2022 n’est pas une rupture totale. C’est une escalade majeure d’un conflit latent.

XIV. Impact & perspectives

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À court terme, un cessez-le-feu reste incertain. Les lignes de front sont militarisées. La confiance entre les parties est inexistante.

À moyen terme, la question centrale est celle de la soutenabilité. L’Ukraine peut-elle maintenir son effort sans soutien constant ? La Russie peut-elle absorber le coût humain et économique ?

À long terme, le conflit redessine l’Europe. Il reconfigure les alliances. Il transforme les doctrines militaires.

Quatre ans après le lancement de l’opération spéciale, le bilan est clair : la guerre n’a pas produit la victoire rapide escomptée. Elle a ouvert une ère d’instabilité durable.


La guerre en Ukraine redessine durablement l’équilibre européen, sans vainqueur décisif quatre ans après l’invasion russe.


Par Eric Hightower
Auteur, Chroniqueur & Analyste géopolitique
Pour – Fiable Actus

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