Après deux décennies de tensions et de négociations, Séoul autorise enfin Google à exploiter ses données cartographiques de haute précision. Une décision stratégique qui met fin à un monopole national, tout en imposant des conditions strictes liées à la sécurité et à la souveraineté numérique.

Une ouverture historique après vingt ans de refus
Le gouvernement sud-coréen a officiellement autorisé Google à accéder à ses données cartographiques détaillées afin d’améliorer le fonctionnement de Google Maps sur son territoire.
Jusqu’à présent, l’application ne pouvait pas proposer de géolocalisation précise. Cette limitation réduisait fortement son utilité, notamment pour les touristes étrangers habitués aux standards internationaux de navigation.
Depuis près de vingt ans, les discussions entre Séoul et Google étaient marquées par la méfiance. L’accès aux cartes à l’échelle 1:50 000 était systématiquement refusé.
Souveraineté numérique et sécurité nationale
La principale préoccupation du gouvernement concernait la sécurité nationale. La Corée du Sud est officiellement toujours en guerre avec la Corée du Nord.
Autoriser une entreprise étrangère à exploiter des données cartographiques détaillées soulevait des risques stratégiques. Certaines zones sensibles, comme les bases militaires, les centrales nucléaires ou les infrastructures industrielles, sont considérées comme hautement confidentielles.
Séoul craignait qu’un accès élargi puisse compromettre la protection de ces sites.
Fin d’un monopole et compromis économique
Au-delà des enjeux sécuritaires, la dimension économique pesait lourd. Les groupes sud-coréens Kakao et Naver détenaient jusqu’ici un quasi-monopole sur les applications GPS de haute précision.
Cette politique protectionniste favorisait les acteurs locaux. Toutefois, elle pénalisait le tourisme international.
Face aux critiques et aux pertes économiques potentielles, le gouvernement a trouvé un compromis avec Google.
L’accord impose plusieurs conditions : floutage des zones sensibles, hébergement des données sur des serveurs situés en Corée du Sud et respect strict des modifications exigées par les autorités.
Cette décision marque un tournant. Elle illustre l’équilibre délicat entre ouverture technologique, compétitivité économique et impératifs de sécurité nationale.
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