Iran : le régime impose un black-out numérique inédit

Depuis plus de deux semaines, l’Iran fait face à un vaste mouvement de contestation. Pour tenter de reprendre le contrôle, le régime a instauré un black-out numérique presque total, coupant internet et les communications téléphoniques à l’échelle nationale.

Internet et télécommunications coupés en Iran par le régime
Le régime iranien coupe internet et les communications pour bloquer les manifestations.

Un silence numérique imposé par l’État

Depuis le jeudi 8 janvier au soir, l’Iran subit une coupure massive des communications. L’accès à internet reste réduit à environ 1 % de son niveau habituel, selon NetBlocks. Les appels téléphoniques, mobiles comme fixes, fonctionnent de manière aléatoire.

Les autorités ont synchronisé les coupures avec les heures de mobilisation. Elles renforcent les restrictions lors des rassemblements et les allègent parfois quand les rues se vident. Cette stratégie vise à empêcher toute coordination entre manifestants.

Au début du mouvement, le pouvoir ciblait surtout les grandes villes. À Téhéran, plusieurs quartiers symboliques ont subi des restrictions renforcées. Depuis quelques jours, la coupure s’étend à l’ensemble du pays.

Un contrôle total des communications

Le régime iranien a longtemps utilisé le Réseau national d’information (NIN) pour maintenir un minimum de fonctionnement interne. Cette fois, même cet intranet national reste largement inaccessible. Les experts parlent d’une situation inédite.

Selon des spécialistes des droits numériques, les autorités acceptent désormais de paralyser leurs propres infrastructures. Elles cherchent avant tout à bloquer toute circulation d’informations vers l’étranger.

Face à ces restrictions, certains Iraniens ont recours à des solutions satellitaires comme Starlink. Les autorités tenteraient toutefois de brouiller ces connexions, renforçant encore l’isolement numérique du pays.

Une économie paralysée et des craintes accrues

Malgré le black-out, les manifestations continuent dans plusieurs villes. Des vidéos circulent difficilement, sans toujours pouvoir être authentifiées. Cette opacité nourrit la crainte d’une répression menée à huis clos.

Plusieurs organisations de défense des droits humains évoquent un lourd bilan humain. Elles alertent sur l’absence totale de transparence dans ce contexte.

Au-delà de la crise politique, l’économie souffre fortement. Les banques fonctionnent au ralenti, les distributeurs automatiques restent souvent hors service et les paiements deviennent difficiles. Les experts estiment que les pertes économiques pourraient atteindre des montants très élevés.

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