Alors que les États-Unis absorbent encore l’essentiel du pétrole canadien, Ottawa accélère sa stratégie de diversification énergétique en visant le marché asiatique. La signature d’un nouvel accord pour un oléoduc marque un tournant majeur pour l’Alberta et pour l’avenir énergétique du Canada.
Le gouvernement canadien a franchi une étape décisive en annonçant un accord avec la province de l’Alberta pour la construction d’un nouvel oléoduc destiné à exporter du pétrole vers l’Asie. En donnant son feu vert, le Premier ministre Mark Carney affirme sa volonté de réduire la forte dépendance du Canada envers les États-Unis, qui absorbent encore plus de 95 % des exportations de brut.
Ce projet symbolise une diversification énergétique assumée, présentée comme un levier pour renforcer l’indépendance économique du pays et offrir une plus grande stabilité aux producteurs pétroliers de l’Ouest.
Un nouvel oléoduc pour ouvrir la porte de l’Asie
L’oléoduc envisagé doit relier les gisements de l’Alberta aux côtes de la Colombie-Britannique, permettant d’exporter le pétrole directement vers les marchés asiatiques. Pour Mark Carney, cette infrastructure représente une contribution majeure à la croissance nationale : un pays « plus fort, plus résilient et plus durable », affirme-t-il.
Cette ambition s’inscrit dans la continuité du pipeline Trans Mountain inauguré l’an dernier, mais va plus loin en orientant clairement la stratégie canadienne vers l’Asie.
Une diversification énergétique contestée par les écologistes
Malgré l’enthousiasme du gouvernement, plusieurs voix s’élèvent contre cette orientation. Les défenseurs de l’environnement dénoncent une politique qui augmente la production de pétrole et de gaz, en contradiction avec les engagements climatiques.
Mark Carney met en avant le futur lancement du plus grand projet de captage de carbone au monde, une technologie décrite comme essentielle pour concilier développement économique et durabilité. Mais ce geste n’a pas suffi à apaiser les tensions : le ministre de la Culture, ancien ministre de l’Environnement, a annoncé sa démission en parlant d’une « très grave erreur ».
Un pari politique et économique risqué
Le Canada joue désormais une part de son avenir sur cette diversification énergétique, avec l’espoir de devenir une puissance exportatrice moins dépendante et davantage tournée vers l’international. Mais le débat reste vif, et les conséquences politiques pourraient être profondes.
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