L’arrestation de deux jeunes Américains qui préparaient une opération armée contre l’Île de la Gonâve secoue l’opinion publique. Ce complot, d’une violence inouïe, révèle la vulnérabilité persistante de ce territoire haïtien longtemps délaissé par l’État. Les enquêteurs évoquent un projet méthodiquement construit, qui aurait pu tourner au drame si les autorités fédérales n’étaient pas intervenues.
Un plan d’une brutalité extrême
Selon l’acte d’accusation, Gavin Rivers Weisenburg et Tanner Christopher Thomas, originaires du Texas, préparaient depuis près d’un an une expédition meurtrière visant directement l’Île de la Gonâve. Ils voulaient lever un petit groupe d’hommes recrutés parmi les sans-abri de Washington D.C. Ils prévoyaient aussi d’acheter un voilier et de se procurer des armes afin de lancer une attaque sur le territoire.
Les procureurs décrivent un complot “atrocement violent”, nourri d’idéologies extrémistes et de fantasmes de domination. Les inculpés projetaient d’éliminer les hommes de l’île et d’imposer un esclavage sexuel aux femmes et aux enfants. Leur détermination apparaît clairement dans les détails de l’enquête. En effet, ils avaient acheté du matériel, tenté d’apprendre le créole haïtien, mené des discussions logistiques et collecté des informations sur la région.
Une affaire qui expose les failles sécuritaires
L’enquête du FBI met en lumière la fragilité de l’Île de la Gonâve, régulièrement citée comme une zone sous-administrée. Sans structures de surveillance maritime efficaces, elle reste exposée à des menaces extérieures, même isolées. Le silence persistant des autorités haïtiennes étonne et interroge, alors que l’affaire concerne directement un territoire longtemps laissé en marge des priorités nationales.
Des questions essentielles en attente de réponse
Les deux Américains n’avaient pas encore quitté le sol américain lors de leur arrestation, ce qui confine l’affaire au cadre judiciaire fédéral. Leur procès devra déterminer la part d’idéologie, de délire ou de réelle intention opérationnelle derrière ce projet dirigé contre l’Île de la Gonâve.
Au-delà du scandale, cette affaire rappelle l’urgence de renforcer la protection des espaces périphériques d’Haïti et de restaurer une présence étatique capable de prévenir ce type de menace.