Face à une crise économique qui s’aggrave, Cuba impose de nouvelles restrictions sur les transferts internationaux, plongeant les entreprises étrangères dans l’incertitude. Ce durcissement soudain soulève de vives inquiétudes et remet en question la capacité du pays à garantir la sécurité des capitaux investis sur son territoire.
Un corralito qui ne dit pas son nom
Depuis plusieurs semaines, les entreprises étrangères présentes à Cuba constatent une réalité devenue difficile à ignorer : les transferts internationaux ne sont plus possibles. Les banques locales bloquent les opérations en devises, empêchant les entreprises de rapatrier leurs fonds ou de procéder à des paiements à l’étranger.
Cette situation, que les autorités évitaient jusque-là de commenter, s’apparente désormais à un véritable corralito financier. Le gouvernement tente de justifier ces mesures par la crise économique profonde qui frappe l’île : manque de liquidités, effondrement du tourisme, chute des exportations et pressions sur la monnaie locale.
Le “compte réel”, une solution qui peine à convaincre
Pour atténuer les tensions, La Havane introduit un nouvel outil : le “compte réel”, censé offrir une alternative sécurisée pour les opérations en devises.
En théorie, ce système permettrait de réaliser des transferts internationaux à partir de fonds provenant exclusivement de l’étranger. Mais dans la pratique, les entreprises rapportent déjà des retards, des blocages et des refus non justifiés.
Ces dysfonctionnements fragilisent davantage la confiance des investisseurs, qui voient dans ce mécanisme plus un palliatif qu’une réelle garantie.
Des conséquences lourdes pour l’attractivité du pays
L’incertitude actuelle pèse lourdement sur le climat des affaires. Les investisseurs étrangers, déjà confrontés à une bureaucratie complexe, s’inquiètent d’un environnement où même les transferts internationaux les plus basiques deviennent impossibles.
Plusieurs analystes prévoient un recul des investissements directs étrangers, pourtant essentiels pour une économie cubaine en grande difficulté.
Si ces restrictions permettent au gouvernement de gagner du temps face à la pénurie de devises, elles risquent surtout d’entraîner une perte durable de crédibilité sur la scène internationale.
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