La détention de l’ingénieur Rudolph Némorin, soupçonné de détournement de fonds dans le cadre du Plan spécial Nord-Ouest, ravive les inquiétudes sur l’usage des ressources publiques. Elle remet aussi au premier plan les failles de supervision des projets étatiques.
Un entrepreneur réputé au cœur d’une affaire sensible
L’ingénieur Rudolph Némorin, connu dans la région du Môle-Saint-Nicolas pour ses activités dans le secteur de la construction, se trouve désormais en détention au dépôt de Port-de-Paix. Il y a été conduit après son audition par le juge d’instruction Andal Jean Baptiste. La justice veut comprendre comment une enveloppe de 5 millions de dollars allouée au Plan spécial Nord-Ouest a été utilisée. Ce programme de développement, lancé sous l’administration Martelly-Lamothe, devait soutenir plusieurs projets importants.
Le marché confié à sa société, AC Construction, prévoyait la construction d’un complexe multisports ainsi que d’autres infrastructures pour dynamiser l’axe Môle-Saint-Nicolas/Port-de-Paix. Pourtant, plusieurs rapports officiels soulignent l’absence d’avancement. Les fonds ont été décaissés, mais aucun résultat concret n’apparaît sur le terrain. Cette situation alimente de fortes suspicions de détournement de fonds, et ce point reste central dans l’enquête.
Des habitants inquiets des conditions de détention
Depuis son transfert, la population du Môle-Saint-Nicolas exprime sa préoccupation. De nombreux résidents dénoncent les conditions difficiles du dépôt Capois-la-Mort, qu’ils décrivent comme vétuste et inadapté. Pour beaucoup, même dans un dossier lié à un possible détournement de fonds, un traitement carcéral digne reste essentiel. Selon eux, cette exigence permet de préserver la crédibilité de la procédure judiciaire.
Une enquête qui pourrait révéler des responsabilités en cascade
Le juge d’instruction devra désormais établir si les faits reprochés relèvent réellement d’un détournement de fonds publics ou d’un simple manquement contractuel. Cette étape pourrait également mettre en lumière la responsabilité d’autres acteurs institutionnels ayant participé à la supervision du projet.
Au-delà du cas individuel de Rudolph Némorin, cette affaire renforce la nécessité d’un contrôle plus strict des projets financés par l’État. Elle ouvre aussi un débat plus large sur la transparence, l’éthique et la gestion des ressources publiques dans un pays où chaque dollar compte.
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