Haïti s’apprête à organiser un référendum constitutionnel visant à remplacer la Constitution de 1987. Cette initiative, portée par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), suscite de vives critiques de la part de la société civile, notamment de la Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH). L’organisation dénonce une démarche jugée illégale et inopportune, rappelant que l’article 284.3 de la Constitution actuelle interdit toute modification par voie référendaire. Elle souligne également que le contexte sécuritaire dégradé rend impossible une consultation populaire crédible.
Les principaux changements proposés par la nouvelle Constitution
Le projet prévoit des réformes majeures, telles que la suppression du poste de Premier ministre et l’instauration d’un président élu avec un vice-président colistier pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois de manière non consécutive. Le bicaméralisme serait conservé avec le maintien du Sénat. Cependant, la mise en œuvre de ce référendum survient dans un climat d’insécurité généralisée, marqué par la violence des groupes armés et une crise humanitaire persistante. Le gouvernement avait d’ailleurs décrété l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire du 8 avril au 8 mai 2025 afin de tenter de rétablir l’ordre.
Appel à un dialogue inclusif et respect des principes démocratiques
Face à ces défis, la POHDH appelle les autorités à reconsidérer cette initiative et à concentrer leurs efforts sur la résolution de la crise sécuritaire. L’organisation insiste sur la nécessité d’un large dialogue inclusif et du respect des principes démocratiques pour toute réforme constitutionnelle. Dans un pays où la majorité de la population vit dans une extrême précarité, un référendum coûteux et potentiellement illégal pourrait renforcer la méfiance envers les institutions et compromettre davantage la stabilité nationale.
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